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    • Catherine Gingras

      Arts - Éducation - Réflexions
    • 2013-01-03 in Avant le départ

    Rien qu’une histoire de tatoos!

    Rien qu’une histoire de tatoos!

    Notre épopée de choix de destination s’avéra quelque peu chose ardue. Nous nous sommes questionnés sur plusieurs pays comme le Népal, dont la réalité est triste et vide malgré les superbes images pouvant y être captées. L’Afrique du Sud, pas pour les gens, la criminalité et la triste réalité du racisme qui n’en finit pas. Mais pour la faune sauvage, le Park Kruger, les safaris avec son propre véhicule, les paysages variés, les canyons, les plages et la savane. Et maintenant l’Inde qui  fait « freaker » rien que d’y penser par sa densité de population mais qui a su nous charmer par ses temples et sa magie des couleurs. Je ne dis pas ici que les tatoos sont la cause de notre choix définitif vers la Thaïlande plutôt que de l’Inde mais voici un petit exposé expliquant ma manière de penser…

    Pour ma part, je ne pense pas être pourvue un jour d’un de ces dessin indélébile marqué à jamais dans ma peau; les choses peuvent évoluer car je trouve quand même un certain charme à cette pratique mais le côté permanent de la chose avec celui de me voir grand-mère arborant un tatoo qui rock me laisse encore un peu perplexe. Par contre, j’avoue y avoir trouvé (de façon temporaire, genre bulle au cerveau!) « Ze solution » pour mes enfants lorsque nous pensions à l’Inde comme destination de prédilection.

    Bien sûr, comme toute la jeune génération, mes gars trippent tatoos et y voient inconsciemment une façon de s’exprimer. Ils auraient été vraiment gâtés avec mon idée géniale de tatouage : un super code à barres représentant leur numéro de passeport et un numéro genre +91(0)1151782000 celui de l’ambassade à New Delhi!

    Vous vous dites : « Ben oui, complètement folle la mère! ». Réfléchissez et mettez-vous juste un peu dans ma peau de maman voyageant dans une ville comptant 21,5 millions de tête de pipes. (Dans notre belle ville de Québec, nous sommes environs 500 000 habitants). D’ailleurs, citons le Dalaï Lama qui incite à cette action : « La faculté de se mettre dans la peau des autres et de réfléchir à la manière dont on agirait à leur place est très utile si on veut apprendre à aimer quelqu’un! ».

    Alors, pour mettre en contexte mon stress de partir en Inde avec deux enfants, je vous propose deux réalités de transport ferroviaire.

    Celle de Québec-Montréal :

    Pour 100$, vous parcourrez 273km en 3heures. Imaginez qu’un enfant est absent lors de l’embarquement, parce qu’il était parti seul aux toilettes. Pris de panique vous courrez le chercher et revenez paisiblement en remarquant que vous avez peut-être exagéré un peu sur le mode panique. Moment de détente et de regards contemplatifs pendant le voyage. Cette photo rappelle le fort achalandage à la gare en 2009 lorsque Via Rail a fait une vente de billets à 60% de rabais.

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    Celle de Mumbai (Bombay)- Hazira :

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    Pour presque rien vous parcourrez la même distance en 4 heures (s’il y a de la place ou si le train part à l’heure). Imaginez qu’un enfant soit aux toilettes seul,… IMPOSSIBLE! Imaginez que vous vous tenez la main et au moment de l’embarquement vous lâchez la petite main de votre enfant. Oh! Misèressss Oh! Malheurssss! Vous paniquez, vous manquez d’air et avec cette foule suffocante vous ne pouvez voir où est votre enfant. Vous tentez de débarquer, IMPOSSIBLE!

    Avec cet exemple, je crois que vous vous êtes mis un peu à ma place et comprenez mon idée tantôt débile mais maintenant géniale d’un code à barres « custom » tatoué sur l’avant-bras des enfants!

    Mais puisque je ne suis pas encore prête pour les tatous j’en déduis que je ne suis pas encore prête pour cette Inde, pays indéfinissablement coloré, pays des contradictions, de la misère et de la richesse, de l’honnêteté et de la corruption, de femmes politiciennes et du sexisme, des parfums et des odeurs nauséabondes. Je crois que l’Inde est la vraie vie, celle qui nous choquerait mais qu’on admirerait au bout du compte car peu importe la destination, on en revient changé avec des aspirations toujours plus grandes pour une vie vers l’essentiel. Inde, ce ne sera que partie remise, nous nous retrouverons sûrement lorsque les boys seront assez vieux pour retrouver le chemin de l’ambassade sans leur code à barres tatoué sur l’avant-bras !