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    • Catherine Gingras

      Arts - Éducation - Réflexions
    • 2013-05-13 in Thaïlande

    Petit train va loin

    Se déplacer en Thaïlande est assez facile et abordable. Seul notre taxi pour Chiang Mai sort du lot, mais si nous avions dû prendre un tel taxi, pendant 8 heures, à Québec, cela aurait été pratiquement impossible financièrement, je crois ! Y’a-t-il quelqu’un qui a déjà tenté l’expérience ?

    Pendant notre première demie de voyage, nous avons eu l’occasion d’utiliser presque tous les moyens de transport. Il ne nous restait que le train et le cyclo-pousse. Ce dernier, nous voulions l’utiliser dans certaines villes du Nord, mais nous n’en avons pas eu l’occasion. Le train par contre, nous l’avons utilisé pour revenir de Chiang Mai sur Bangkok de nuit.

    Nous sommes arrivés à la gare de Chiang Mai plus d’une heure à l’avance. Nous avons mangé un petit riz frit avant de nous diriger vers notre train le #6. Ça y est on peut embarquer. Nous commençons par la queue avec le 12, le 10. Wow ! Nous tripons, ces wagons de deuxième classe correspondent à la classe que nous avons achetée. Comme nous avons bien fait de choisir le train de nuit comme nouvelle expérience ! Les trains sont assez neufs et semblent ultra-confortables. Youppi ! Nous continuons de marcher avec nos bagages. Nous apercevons le 8, le wagon restaurant-bar, le 4, le 2, mais où est notre wagon ? On commence à paniquer, car les trains de devant sont désuets et on y embarque de la marchandise. André décide tout de même de continuer, juste pour voir… Et il a vu… le wagon 6 ! Crotte ! Ces un vieux wagon, en devant de train, avec des bancs en vieille cuirette plutôt que de longs lits qui semblaient faire des petites chambres à 4 ! Et même si on couche les banquettes, André n’embarquera jamais là-dedans avec ses grandes pattes. On s’informe à l’agent, il doit y avoir une erreur. Il nous confirme qu’il n’y a aucune erreur. Ce sera bel et bien notre demeure pour la nuit. Nous retournons au guichet, où nous avions acheté nos billets 10 jours auparavant en essayant de comprendre ce qui se passe et pourquoi nous payons le même prix que les autres wagons, sans avoir le même service. Rien à faire non plus, car le train est plein. De toute façon, il faut comprendre qu’ici le service à la clientèle, même si on comprend l’anglais, n’est pas à l’américaine. Tu as payé, tu as ta place, alors « fine ». Pourquoi s’énerver ?  Ne me dérange pas trop longtemps, car je retarde ma partie de « bubbles-chez-pas-quoi » sur mon iPod ! Bon, nous aurons essayé de changer les choses, rien ne sert de s’énerver ici sans quoi tout devient pire, alors nous embarquons dans le train. La tension est montée entre André et moi. Heureusement les enfants tripent et sont super heureux. Ils sont contents, car nous pouvons être assis pour la première partie du voyage, ils n’ont pas tort. Ils débordent de bonheur lorsque le train commence à bouger et que nous partons (à l’heure). Les gars tentent de détendre l’atmosphère, on joue aux cartes, la tension baisse. Il faut dire que c’est « Ma » journée SuPerMarde et que tout est poche et dramatique cette journée-là! Y’a-t-il quelqu’une qui comprend ce que je veux dire? Nous commandons un repas pour 19 heures, les prix sont gonflés, mais tout de même sans excès.  Le personnel est courtois, nous « pitchnottons » même une blatte collée sur l’épaule du policier qui taquine Mathieu « Monkey » grimpé sur les poteaux.

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    Nous prenons conscience des lieux et réalisons que nous sommes relativement bien malgré notre proximité de la porte de sortie et des toilettes. Tout se passera bien, à moins d’un déraillement… (crotte mon SPM refait surface!). C’est vers 20heures que l’agent passe pour faire les lits. Un peu comme à l’hôtel nous n’avons rien à faire.

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    Nous en profitons pour aller marcher et voir les wagons de tête qui n’ont pas d’air clim et qui ont des portes ouvertes sur l’extérieur, assez dépaysant. On y remarque, des gens couchés ou assis par terre à travers des grosses boîtes de marchandise et des motos. Malgré tout, le confort assez sommaire semble leur plaire à eux aussi. On décide de marcher jusqu’aux wagons de queue. C’est le wagon-bar qui stoppera notre marche. Thomas ne veut pas entrer, trop impressionné par le bruit, la musique, les lumières de Noël et tout le monde sur le party qui danse en chambranlant au rythme du « tatok tatok tatok » des rails. Ça aussi c’est assez dépaysant. Si vous voyagez sans enfants, pensez aller prendre un petit verre (ou deux) au bar improvisé dans ce wagon, je suis certaine que vous ne le regretterez pas. En plus de l’ambiance, vous pourrez profiter du vent thaï avec les fenêtres grandes ouvertes. Génial!

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    Également, si vous voyagez seul, prenez la banquette « lower », car elle est plus grande et plus facile d’accès. D’autant plus qu’en « upper », où Mathieu et moi avons dormi, nous recevons l’air climatisé en plein visage et que les rideaux ne cachent pas de la lumière qui reste assez claire, même après 11heures lorsque l’agent tamise les lumières pour dire à tous « c’est l’heure du dodo, bonne nuit! ». Ah! Des Européens pompettes, nous les avions vus au bar tantôt, entrent dans le wagon en criant : « Hello everybody! » Ils nous font bien rire, surtout qu’ils comprennent assez vite qu’ils doivent se taire lorsqu’un gros « Chut! » mécontent derrière un rideau se fait entendre! Encore quelques rires, qui nous font sourire, résonnent, mais bientôt le silence se fait entendre. Le silence des passagers, mais pas celui de notre vieux wagon qui semble prendre les courbes et les coups durement. On dort par secousse et d’un œil qui surveille la montre.

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    Il est 1 heure, 3 heures puis 5 heures. Nous savons que les agents, bien que courtois, peuvent oublier de nous avertir d’avance pour notre arrêt, Don Muang Airport. Il est 6heures lorsque nous débarquons. Encore une fois, André a bien choisi l’hôtel, seulement de l’autre côté de la rue. Demain, nous n’aurons qu’à utiliser le passage pour nous rendre à l’aéroport qui nous guidera jusqu’à Bali, Indonésie! Génial! Un autre pays. Nous quitterons la Thaïlande, heureux d’un séjour inoubliable.

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