• Journée difficile… et le voyage en famille

    Ouf! Des journées plus difficiles, il y en a. Je sais, dans une publication antérieure, j’ai écrit que je n’imaginais pas partir sans mes enfants. De fait, rien n’a changé. Aujourd’hui, j’ai besoin d’une plus grande bulle! Et avec un de mes gars particulièrement qui adore se mettre la face dans la mienne quand j’ai besoin d’air, ça prend une super dose de contrôle sur soi. Mais, le fait d’écrire m’apporte ce petit moment de repli sur moi-même.

    Voici les quelques trucs que nous tentons d’observer afin que le voyage se passe le mieux possible. En voyageant en famille, on doit prendre conscience de plusieurs choses.

    D’abord, ne jamais oublier que c’est André et moi qui sommes les adultes. C’est nous qui devons nous adapter et non l’inverse. Cela est parfois frustrant même si on se raisonne, la passion revient parfois plus forte. Un voyage est un peu comme une longue journée de magasinage du boxing day. Il ne faut pas penser que les enfants vont marcher toute la journée, rester en file pendant 1 heure parce qu’on a de superbes soldes pleins les bras et diner à 2 heures tout en restant conciliants, muets et souriants. IMPOSSIBLE! Par contre, je dois souligner le fait que mes enfants soient de très bons voyageurs, à plusieurs reprises, ils m’ont surpris. Par exemple, au départ de Gili où notre bateau a été arrêté par la police, ensuite par la garde côtière, pour finalement nous amener sur une autre ile que Bali, Lombok. Plusieurs heures, dans un bateau sans service qui suivait le houlahop des vagues. Arrivés à bon port, une navette nous attendait, pas le temps de manger un peu. Trois heures dans une voiture sans air conditionné, il y avait trafic abondant sur Kuta. Notre chauffeur ne connaissait pas du tout la ville, il a même demandé à André de le guider… hein quoi? Bon on se trouve un hôtel qu’on avait déjà spotté sur Agoda. Ça y est après un bon déjeuner à 9heures, nous arrivons à destination vers les 16 heures. On part au resto d’en face armé de notre jeu de cartes, car ici il faut s’attendre à attendre pour le service (en passant les gars, sont excellents au jeu du trou de…). Les gars ont réalisé cette journée sans aucun chignage! Franchement pour cette journée, je leur lève mon chapeau.

    Lorsque nous avons prévu le voyage, nous en avons tracé seulement les grandes lignes, car nous savons qu’il devient difficile et frustrant de déroger aux plans prévus. Nous avons une grille Excel de nos 101 jours où les villes et transports majeurs prévus sont inscrits, par contre pour la plupart du temps rien n’est réservé. Seul notre hôtel pour notre première nuit à Bangkok l’était. Cette grille sert seulement de gabarit. C’est Michel Houde, qui nous a suggéré cette façon de faire. À partir de cette grille, nous avons une liste de ce que nous POUVONS faire dans certaines villes et non ce que nous DEVONS y faire. Ainsi nous voyons rapidement les zones de visite, de repos et de transport. Nous savons que les transports sont exténuants alors nous prévoyons une journée détente supplémentaire après un transport important. Non seulement le repos est nécessaire pour l’humeur, mais surtout pour prévenir les maladies. Un corps fatigué est un corps moins combatif et plus sujet à tomber malade. C’est ce que nous avons fait à Gili, prendre le temps de se reposer 6 jours pour notre dernier mois. Tous les gars ont eu leurs petits maux. Otite, maux de ventre… Et puis, puisque rien n’est prévu et organisé, il faut le faire nous même. Cela demande du temps, de l’énergie, de la patience, mais surtout une bonne dose de sang-froid pour trouver à la dernière minute où nous vivrons.

    Ensuite, chaque membre de la famille n’apprécie pas les mêmes choses, nous avons des intérêts différents. Un des gars a un besoin constant de bouger et l’autre trouve qu’on devrait manger à l’hôtel et se relaxer. Nous essayons d’adopter la règle du chacun son tour, mais ce n’est pas toujours facile, les gars comprennent difficilement que nous aussi avons des besoins. Chaque individu doit trouver son compte, sinon la frustration monte. Les adultes comme les enfants. C’est d’ailleurs un apprentissage de base que l’on veut acquérir lors des voyages, c’est-à-dire, s’apercevoir que la terre ne tourne pas autour de notre propre nombril. Chose qui n’est pas toujours évidente dans notre monde où les enfants sont rois. Comme Johanne L. m’a dit avant de partir, ça prend beaucoup d’amour pour partir à l’aventure trois mois avec ses hommes.

    Ce qui est aussi exigeant et royalement très exigeant pour ma part, c’est de lâcher prise sur la perfection ou plutôt laisser passer lorsqu’il y a injustice. Je déteste perdre le contrôle des situations et encore plus me faire bousculer ou dépasser dans une file. J’essaie d’inculquer aux gars d’attendre son tour, quand on me dépasse par le côté…. Grrrrr! « Go with the flow » est probablement la devise à adopter dans cette situation. Et ici, à Bali, comme me le dit si bien Wayan, notre chauffeur, « No problem Catherine, Don’t worry, Bali time. »

    Et pour terminer, il ne faut pas être offusqué de l’attitude indifférente ou apathique des enfants. Ils ne font pas de cas de l’effort qu’a pris la préparation de ce voyage ou du rêve que représente la vie dans une hutte sur une ile déserte. Ce qu’ils aiment c’est l’expérience de l’aventure et surtout de passer du temps de qualité en famille, d’avoir l’attention de leurs parents. Ça ne sert à rien de s’accrocher sur ce qui va mal d’ailleurs, les Asiatiques tolèrent mal cette expansion d’état d’âme. « Keep Smiling ». Les gars en ce moment trippent vraiment fort sur le jumping street, c’est-à-dire sauter partout en faisant des cascades. Très dur pour le cœur des parents qui espèrent qu’il n’arrivera pas d’accident, mais façon ultra efficace pour eux de lâcher le surplus d’énergie.

    Bon, je l’avoue,  ce temps passé à écrire ces quelques lignes m’a fait un bien énorme. Je suis prête à redevenir l’adulte,  à reconnaitre que nous sommes différents et que nos besoins sont aussi différents, que c’est normal que mes enfants ne soient pas expansifs (d’ailleurs ça me tomberait encore plus sur les nerfs!). Mais que c’est plutôt à moi de me recentrer comme je viens de le faire et d’aller les rejoindre pour vivre les plus beaux moments dont je me souviendrai toujours.