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    • Catherine Gingras

      Arts - Éducation - Réflexions
    • 2013-03-31 in Thaïlande

    Cavalier seul

    Aujourd’hui, je partirai seule pour une visite à la maison de Jim Thompson. Seule non pas parce que j’avais besoin de faire cavalier seul, mais plutôt parce que les gars sont en « repos-conséquence-forcé » pour répondre un peu trop promptement à leurs parents! Ils resteront à lire à l’appartement avec André.

    Il est près de 11heures lorsque je me dirige vers la station du BTS la plus près(Surasak), environ 10 minutes à pieds. Je sens déjà la chaleur et l’humidité perler sur mon nez. Je débarque pour me rendre à la maison de Jim Thompson. Malheureusement c’est un mauvais arrêt, car je suis à la BOUTIQUE. Je devrai reprendre le BTS pour quelques arrêts plus loin, mais avant de repartir je me fais arrêter par un gars louche qui veut me diriger vers un tailleur qui a des bons prix… peut-être qu’il a des bons prix, mais quelqu’un d’autre que moi en profitera! Tant qu’à être dans le quartier, je marche jusqu’à Patpong. Située dans le quartier des banques et des compagnies aériennes, Patpong est dans la journée l’univers des cols blancs. Une rue tranquille. En fin de journée, la circulation routière est interrompue.  Elle se transforme en un immense bazar où des centaines de cantines de marchandises prennent domicile.  En début de soirée, couverte de bâches, la rue est bourdonnante d’activités. Patpong abrite le plus grand marché asiatique de la contrefaçon (pourtant interdite ici aussi), mais surtout le marché du sexe. Quoique la police touristique ait installé un kiosque mobile pour recueillir les plaintes. Nous éviterons cet endroit qui semble plus symbolique à visiter qu’autre chose. Ce Red Light District asiatique avec ses « gogos » proposant des spectacles plus ou moins osés restera un endroit infranchi que les garçons pourront visiter avec d’autres yeux lorsqu’ils seront adultes. Ils seront alors en mesure de décider s’ils veulent ou non assister à un « ping-pong show »! Pour l’instant, l’entrée de ces bars, quoique gratuite, comme l’achat de montres contrefaites demeurera inconnue des 4 As.

    J’arrive enfin à la maison de Jim Thompson. Dès qu’on approche de ce superbe lieu, havre de paix au milieu de la jungle urbaine de la capitale, on a l’impression de s’être reclus dans un monde à part, à l’abri du tumulte. Un jardin luxuriant, d’un vert profond, relevé çà et là par les bâtiments rouges d’habitation et par les fleurs colorées.  Jim Thompson était un américain, ancien membre de la CIA reconverti dans les affaires. Il a été à partir des années 1950 l’initiateur du renouveau de l’industrie de la soie en Thaïlande. Sa maison à Bangkok est devenue un musée par la qualité de ses collections. Il disparut mystérieusement en Malaisie en 1967.

    Après cette visite agréable et de longueur et d’informations juste à point, je retourne à la boutique, qui cette fois-ci est adjacente à la maison. Dommage qu’il nous reste encore plusieurs jours de voyage et peu de place dans mes bagages, car les articles en soie sont de très belle qualité.

    Je repars, l’esprit léger d’une visite fort agréable, rejoindre ma gang qui m’attend patiemment.  À mon arrivée, un message est collé sur la porte. « 13h50. Nous sommes dans un resto sur la rue principale, à droite ». Il est 13h55, je cours les rejoindre.

    Nous décidons de prendre une douche et de repartir pour la soirée vers Chinatown. Un véritable labyrinthe de Dollaramas. Des bebelles à perte de vue. Encore une fois, nous faisons plusieurs trouvailles qui resteront dans  les boutiques faute d’espace. Plusieurs boutiques de vente-achat d’or sont bondées par des touristes chinois. Difficile de trouver un restaurant qui plaît à tous dans ce tumulte. Nous décidons de reprendre le bateau sur le Chayo Praya et nous nous rendons sur  la mythique rue Kao San.  OOOHH ! c’est ici que se cachaient tous les touristes-blancs ! On dirait Hollywood en Floride ! Sans blague, nous avons passé une superbe soirée sur cette rue dynamique. Nous avons bien mangé et avons discuté en français avec un acheteur de Montréal qui nous a suggéré d’aller voir les échoppes près des tours Bayoke. Il semble que les copies des grandes marques y soient parfaites et moins chères. J’avoue avoir un peu de difficulté avec les copies. Je préfère en avoir moins, mais du vrai… En Thaïlande tout est imitation. Du Lacoste aux sacs Mulberry… On ne sait jamais, peut-être me laisserai-je tenter ! Surtout que mon chandail Lacoste soit passé par la fameuse laveuse !!!

    Un peu plus sur Jim Thompson

    Il était le fils d’un riche industriel textile américain, mais ne travailla pas dans l’entreprise familiale, fit des études d’architecture puis devint officier dans les services de renseignements américains peu après l’attaque de Pearl Harbor. Il fut envoyé pour la première fois en Thaïlande en 1945 ou il décida de rester après avoir quitté l’armée en 1946. A partir de ce moment là, Jim Thompson se consacra à la revitalisation de l’artisanat de la soie tissée à la main. Il connu un succès en 1951, quand le styliste Irène Sharaff utilisa des tissus en 
soie thaïlandaise pour la comédie Musicale de Rogers et Hammerstein  « Le roi et moi ».

    Le mystère demeure sur la disparition de Jim Thompson à 61 ans, le dimanche 26 mars 1967.

    Est-ce que l’industrie de la soie n’était pas une couverture pour lui permettre de poursuivre ses activités dans le renseignement ?

    Quelques temps après la disparition de Jim Thompson, sa soeur fut retrouvée morte, rouée de coups dans sa maison de Pennsylvanie. Son bureau avait été fouillé et des papiers gisaient au sol, mais l’argent n’avait pas été volé.

    Une série télévisée, “Silk Knot”, en 10 épisodes a été produite.

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