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    • Catherine Gingras

      Arts - Éducation - Réflexions
    • 2013-05-28 in Indonésie

    Balindou

    Bali est la seule île hindouiste du pays. L’hindouisme à la balinaise… un savant mélange de l’hindouisme indien et de l’animisme autochtone. Ici, la religion se vit au quotidien. Ils sont fiers d’être différents des autres iles qui sont principalement musulmanes. Plusieurs fois par jour, on croise des femmes portant sur leur tête des paniers fumants d’encens destiné à faire des offrandes aux esprits. Chaque ville, village et même famille dispose d’un temple. Une véritable économie tourne autour de ces offrandes. Les petits paniers de palmes, l’encens, le riz, les fleurs, les allumettes et même les cigarettes (car certains offrent même une bonne smoke aux esprits).

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    Bref, on sent que la religion a une place importante dans la vie des Balinais. Les Balinais justement, sont souriants et prennent le temps de vivre. Leur vie est dictée par différentes cérémonies qui les conduisent au temple. On nous dit que si quelqu’un meurt dans le village, tout le monde se présente pour l’événement. Tout est béni. Nous avons même payé quelques sous afin d’avoir le privilège de regarder un serpent béni. Presque tout est “holyfié”.

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    Le riz est aussi omniprésent. Non seulement on le vénère, mais on fait grand usage des grains (non cuit) en signe de bénédiction. Accolés sur le front et parfois sur d’autres parties du corps (comme sur le cou), ces grains de riz soudain sacralisés s’appellent « bija » et symbolisent le Dieu suprême balinais : Sang Hyang Widhi. Cette divinité est supposée bénir de son mieux l’adepte en train de se recueillir. Ici, sans surprise, prier peut prendre de multiples atours, mais à chacune de ces requêtes divines on aura toujours des grains de riz, de l’eau bénite et de l’encens à disposition, sans oublier un joli agencement floral et la présence d’un symbole divin (prêtre, autel, temple, statue, roche sacrée, etc.). Certains Balinais déposent quelques grains de riz derrière l’oreille, là même où ils ont déjà placé précédemment des pétales de fleurs. Il semble que cela permette de mieux entendre… quoi exactement ? Je n’ai pas entendu la réponse, faute d’avoir osé questionner plus loin. À la fin de la cérémonie de prière, le fidèle parfois « mange » un ou plusieurs grains de riz non cuit. Ces Crounch crounch, du capitaine Crunch peuvent être assez surprenant et n’ont rien à voir avec l’hostie en vigueur chez nous, qu’il faut laisser fondre sous la langue, même si l’acte en soi pourrait étrangement lui ressembler. Un symbole en valant un autre, ici le corps de Christ est remplacé par la terre nourricière représentée par le riz. Mais de toute façon, dans les deux cas, une part du Divin finit par se faire manger !

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    Ce peuple aime entrer en contact avec les touristes.  Ils sont très curieux envers nous, ce qui peut paraître à première vue envahissant et parfois même cette attitude peut ressembler à du “control freak”. Par exemple, à notre arrivée, à l’hôtel, on fouille notre taxi, on regarde sous l’auto avec des miroirs. Parfait, on sera en sécurité. On part marcher en ville, l’agent de sécurité nous demande où l’on va. Hein? Ce n’est pas vraiment ses oignons! On lui répond poliment plus surpris qu’autre chose. Mais  on s’aperçoit par habitude que ce n’est qu’une façon d’entrer en contact avec nous. Une curiosité bien placée, quand on prend le temps de s’y arrêter. Partout où l’on va, on nous demande notre nom, d’où nous venons, où nous allons, si on aime Bali,  et quand on leur répond qu’on adore l’ile et que les gens sont charmants, leur sourire s’agrandit davantage. Et, si on y revient, ils se souviennent de toutes ces informations. En ce qui concerne les prénoms, ici c’est assez facile de se souvenir des prénoms masculins, il y en a 4 principaux : Wayan, Made, Nyoman et Ketut. Le premier enfant né porte le prénom de Wayan. L’origine de ce mot est Wayahan qui signifie « l’ainé » ; le deuxième enfant se prénomme Made et signifie « moyen ».  Pour les trois premiers prénoms, il y a quelques synonymes. Wayan peut aussi être Putu ou Gede, Made devient Kadek et Nyoman, Komang.

    Alors, quand un Balinais se présente et qu’on lui dit qu’il est le premier ou le second de famille, selon son prénom, là, on a droit à d’énormes sourires!

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